David Martinon, ambassadeur en charge de la cyberdiplomatie et de l’économie numérique.

Nous avons eu le privilège de bénéficier d’une intervention de David Martinon, ambassadeur en charge de la cyberdiplomatie, pour conclure le cycle des conférences/débats consacrée à la géopolitique du cyberespace.

Après nous avoir expliqué le rôle du cyber-ambassadeur, David Martinon a présenté aux auditeurs la position de la France sur la régulation internationale du cyberespace, position qu’il défend dans différentes enceintes comme le Groupe des experts gouvernementaux à l’ONU. Il a également pris le temps de brosser le tableau d’une situation complexe.

Il a rappelé que l’histoire de l’Internet, à l’exception des tous premiers contrats de recherche du gouvernement américain, a été faite par des professeurs, des chercheurs, des ingénieurs, puis des créateurs d’entreprises et surtout, les utilisateurs. Désormais, les Etats sans les acteurs privés seraient démunis face à la sophistication des technologies et l’ampleur des enjeux. Ils ont besoin du concours des acteurs privés pour promouvoir et protéger l’intérêt général. Pour autant, seuls les Etats sont réputés poursuivre l’intérêt public. Ce sont les Etats qui disposent de la légitimité démocratique pour représenter les gens, qui sont des citoyens avant même d’être des utilisateurs d’internet. On ne peut vouloir un Internet unique et non fragmenté et ne pas tenir compte de l’avis des Etats. Toute tentative de gouverner l’Internet en méprisant les responsabilités particulières des Etats et leurs préoccupations légitimes manquerait de la légitimité nécessaire.